bienvenue dans la jungle

Faire de l’argent facile pourquoi faire autrement?
 -Booba 

Acheter un gramme de shit est devenu plus simple qu’acheter un kilo de tomates chez l’épicier. Je m’explique : en face de chez moi, ce qu’on appelle un “ter-ter”, un bloc vertigineux de plusieurs mètres de hauts où l’on peut se fournir en cannabis. En tout cas ici, on ne trouve que du cannabis, aucunes drogues dures. Du moins aujourd’hui, ce n’était pas la même chose il y a 20 ans. De 12h à 23h non stop, plusieurs vendeurs se relaient, sacoche imitation gucci autour du corps, remplies de billets et de tosma. Et ça se passe rapidement, on réclame notre variété préféré, on paie, et on s’en va. Moins de 3 minutes, là où se rendre chez l’épicier me prend le double. Mais ce dont j’aimerais parler aujourd’hui, ce n’est pas la banalité qu’est devenu la consommation de cannabis, plutôt comment ces jeunes en sont arrivés là. 

Imaginons. Tu grandis dans une cité dite “sensible”, le soir quand tu rentre de l’école, tu vois les grands qui s’amusent bien, buvant des boissons de toutes les couleurs et fumant des cigarettes à l’odeur différente de celle de papa. Puis le temps passe, tu rentres au collège, et c’est là que la misère commence. Pour la plupart de ces “banlieusards”, ça sera une ZEP, Zone d’Education Prioritaire (et non pas Zone d’Expression Populaire), fautes de moyens pour une école privé. Puis plus tu avance dans les classes (quand c’est le cas), plus les profs essaient de te freiner. Pour exemple en 3ème, on m’a arrangé un rendez-vous avec une conseillère d’orientation. La pire sous-race du personnel enseignant. J’avais 13 de moyenne générale à l’époque, tout bon pour une entrée au lycée général. Mais non, Mme la conseillère d’orientation à juger bon de me conseiller, vu que c’est son métier, une seconde professionnelle. Pourquoi ? Aucune idée, toujours est-il que j’ai obtenu mon brevet des collège mention Bien, et continuer en filière générale (Littéraire plus précisément). 

Enfin bref, pour en revenir à notre histoire de stupéfiants, ce jeune en question, il en a marre d’être en cours. Les professeurs qui parlent mal et utilisent leurs pseudo-puissance scolaire, qui fonctionne peut-être à l’intérieur du collège, mais qui ne l’empêchera pas de se faire tabasser 100m plus loin en voulant rentrer chez lui. Et lui aussi il rentre chez lui, et des “copains” avec qui il aime traîner lui proposent un jour, un petit job, avec salaire astronomique pour un jeune vivant encore chez ses parents, et surement bientôt déscolarisé. De l’argent facile en somme, très facile, et quasiment sans risque (même s’il se fait attraper par la police, ce n’est qu’un petit revendeur d’un plus gros distributeur, donc il ne les intéressera pas plus que ça). Imaginez-vous, gagner 100 euros par jour, à rester assis, manger, fumer, discuter, écouter de la musique (et bien sur fournir au client ce qu’il réclame), c’est le rêve, surtout dans l’insouciance de l’adolescence. Et puis généralement, les parents, au chômage ou gagnant très peu d’argent, ne peuvent payer à leur rejeton une nouvelle paire de TN ou un survêtement Chelsea by Adidas

Que pensez-vous que font ces jeunes avec l’argent gagné salement ? Et bien ils se nourrissent, ils s’habillent, ils sortent (1,90e le ticket de bus, rly).

(bien entendu, ce n’est pas mon cas, je relate juste ce qu’il se passe vraiment ici, pas comme la désinformation des reportages 90’ enquêtes style)

il y a 1 an 2 notes